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InTALENTgenceBlog
 

H de la semaine 15

 

 

Vous recruteriez-vous ? La question qui donne le titre à notre série (qui s’étalera sur quelques semaines et qui procèdera sans esprit de logique, par sauts et gambades comme l’écrivait Montaigne) a pu surprendre mais n’est-elle pas la meilleure à se poser au moment où nous cherchons à changer de job ?

Me recruterais-je ?

Lors du billet d’ouverture, nous avions réfléchi à notre identité : le sujet était vaste et notre contribution brève. Nous avions néanmoins vu que, sitôt fixée, notre identité nous échappait. Fluide, impermanente et liquide, elle se métamorphosait encore plus vite aujourd’hui qu’hier, difractée par nos diverses empreintes sur la Toile, reflets de nos désirs, de nos élans, de nos moi, du temps, de nos oublis, de nos jobs, un coup prolixe sur Facebook, un autre mesurée sur LinkedIn, partout une et plusieurs, relayée par nos proches, nos enfants ou nos parents, nos relations professionnelles : qui suis-je ? Disons plutôt : qui suis-nous ? Me recruterais-nous ?

Jean-Marc Roberts est mort en 2013 : il était jeune, il avait 59 ans. Editeur subtil et à succès, il est l’auteur d’une trentaine de livres que nous avons tous lus. Légers, comptant rarement plus de 120 pages, ils se lisent en une heure à peine, en un clin d’œil. Ils se ressemblent tous un peu, avec un côté dépêchons-nous d’en rire de peur d’en pleurer - le côté doux amer, insuffisant, follement charmeur qu’ont les lettres d’excuses que nous recevons d’amoureux que nous n’avons pas oubliés... Nous en sortions enchantés et nous les oubliions jusqu’au prochain – qui nous enchantait de nouveau. Son dernier récit, rédigé durant la maladie qu’il raille et qui l’emporte, s’appelle Deux vies valent mieux qu’une. Titre facile selon lui (mais il se l’était accordé au motif qu’il serait son dernier), il raconte au moment de mourir ses années de jeunesse en Calabre où on appelait les filles en bikinis « due pezzi » - deux morceaux… Deux vies, deux morceaux parce que JM Roberts compare sa vie de malade à la Pitié à celle d’adolescent en Calabre. Combien de nos vies valent mieux qu’une ?

Si le moi est devenu à ce point multiple et fragmenté, il en va de même pour autrui. « Je suis dans un jardin public, non loin de moi voici une pelouse, et le long de cette pelouse, voici des chaises. Un homme passe près des chaises. » C’est ainsi, dans l’Etre et le Néant, que Jean-Paul Sartre fait surgir Autrui. En 2017, nous pourrions écrire « Je sors du bureau d’un chasseur de tête, Hudson, à Neuilly. Dans le hall d’entrée, voici un fauteuil, une lampe, des photos encadrées en noir et blanc. Un homme, un autre candidat, passe près de ces photos. »

Chez Sartre, le décor est anonyme, un jardin public, l’individu est un inconnu, il ne nous regarde même pas. Pourtant, ce qui nous atteint d’emblée, sans coup férir, c’est le fait même d’autrui. Le simple fait de nous voir, c’est nous récupérer, c’est nous précipiter hors de notre monde ; nous étions liberté pure, conscience dégagée de tout ancrage, « transparence sans mémoire et sans conséquence » et nous voici soudain devenus quelqu’un. Notre être n’est plus nous, engagé qu'il est par un autre être, considéré selon ses yeux, annexé à son jugement et à ses codes. Surgit dès lors un double malaise : celui d’être réduit par le regard de l’autre à un simple objet et que cet objet est sa propriété puisqu’il nous échappe. « Autrui est pour moi à la fois ce qui m’a volé mon être et ce qui fait qu’il y a un être qui est mon être. »

Car que sommes-nous sans autrui ? Lorsque nous chasseurs ne retenons pas un candidat (ou qu’il n’est pas retenu par un de nos clients), nous lui expliquons en toute transparence qu’(en dépit de l’excellence avérée de sa candidature) un autre candidat lui a été préféré (au profil plus excellent encore). Il est alors facile de penser que « l’enfer c’est les autres » comme l’écrivait Sartre (encore lui) dans Huis Clos. On se trompe pourtant sur cette expression. Dans ce Huis Clos, il n’y a pas de miroir : chacun ne peut donc se voir que dans le regard des autres. Nul échappatoire ; nulle identité propre. Si les autres nous voient comme un pauvre type ou un pleutre, c’est que nous le sommes ; comme un saint ou un salaud, c'est le même tarif. Car pour Sartre, nous ne sommes rien en soi, de manière déconnectée de la relation aux autres : tout ce que nous sommes, nous le sommes dans le rapport exclusif aux autres. Les autres font de moi ce que je suis.

On se souvient de cette phrase de Samuel Beckett : « D’abord j’étais prisonnier des autres. Alors je les ai quittés. Puis j’étais prisonnier de moi. Alors je me suis quitté. »

Dois-je me quitter, quitter les autres ou... les chasseurs pour me recruter ?

A suivre…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 14

 

 

La question peut surprendre mais elle est celle que nous nous posons in fine chaque fois que nous répondons à une annonce ou postulons dans une entreprise : me recruterais-je ?

Car nous avons compris, hélas, que nous n’étions pas seuls et que tout recrutement est une partie, simple ou complexe, qui se joue à plusieurs : moi certes, mais aussi le cabinet de recrutement, le responsable hiérarchique du poste, d’autres responsables parfois (jusqu'à la Direction Générale), très souvent les DRH ou Responsables du recrutement ou des carrières – et enfin tous les candidats qui, eux aussi, s’estiment taillés pour le poste et qui n’ont qu’une envie : passer, triomphants, sourire aux lèvres, devant nous.

Si certaines données nous échappent et nous échapperont toujours, qui ressortissent des non-dits qui existent dans tout recrutement et de la volatilité des mondes dans lesquels nous évoluons (qu’est-ce qui dit que la vérité d’un poste et d’une organisation aujourd’hui sera toujours d’actualité demain ?), il n’empêche : tout processus de recrutement, s’il ménage encore l’intuition, le coup de cœur ou de poker, se veut un processus d’objectivation, de preuve, de réassurance – les postes sont pesés, les contextes explicités, les descriptions de fonction challengées, les profils et origines (expérience, aptitudes, parcours…) des candidats longuement évalués selon un double prisme biographique et comportemental. C’est la raison d’être des cabinets comme Hudson. Y sommes-nous tous toujours préparés ? 

Qui suis-je ? Tout commence (et finit ?) par là. La question, nous sommes forcément amenés à nous la poser lorsque nous répondons à une annonce. Qui suis-je : les premiers éléments de réponse sont donnés dans le CV à l’heure même où nous nous apprêtons à le rédiger. Qui suis-je et donc que mets-je dans mon CV ou ma page LinkedIn ? Nous voilà d’emblée confrontés à notre moi, à notre identité : ce que nous disons est aussi significatif que ce que nous ne disons pas, ce que nous montrons est aussi profond que ce que nous cachons…

Il y a au moins deux sortes d’identité : une est numérique. Elle est celle qui marque notre carte d’identité. Elle commence par le 1 ou le 2 selon que nous sommes un homme ou une femme, puis l'année et le mois de notre naissance, le département, la commune et le numéro d’inscription sur le registre des naissances. À ce numéro, on peut ajouter l'adresse de notre domicile, nos numéros de téléphone, notre taille ou la couleur de nos yeux. Cette forme d'identité est un marqueur administratif et juridique. Unique, ineffaçable et d'une certaine manière déshumanisante, elle nous suivra de la naissance à la mort. Pourtant, extérieure et chiffrée, elle ne dit rien de nous. Yves Michaud l'appelle "ipséité". Je suis ce "je", ce numéro : c'est moi mais ce n'est pas moi.  Ce moi/ pas moi déserte d'ailleurs de plus en plus les CV. Un numéro de téléphone et une adresse mail suffisent désormais : l'ipséité  ne fait pas vendre... 

L'autre identité est plus importante : elle tient à l'essence de ce que nous sommes, à notre épaisseur, à ce que nous pourrions appeler, à défaut d'autre chose, notre substance. Comment la définir ? L'exercice n'est pas simple, c'est l'histoire même de la philosophie. Nulle part en nous, un lieu, un endroit de notre cerveau ou de notre cœur, une carte secrète n'abrite ce que nous sommes : nos qualités, notre tempérament, nos désirs, nos goûts, nos traits de caractère, nos fantômes. Les scolastiques que cite Voltaire qualifiaient cette deuxième identité la quiddité - à proprement parler "ce qui fait qu'un être est ce qu'il est". 

Si l'identité "quidditive" n'a rien de réel, ni explicite, ni vraiment permanente, elle peut être objectivée par nos parcours professionnels, par nos vies familiales, par nos positions sociales : tous et toutes lui apportent une fluidité et une liquidité inédite, facilitée par la technologie et les réseaux sociaux, professionnels ou personnels. "J'ai rédigé plusieurs CV" nous confient parfois des candidats : plusieurs CV, combien de moi, combien d'identités en puissance ? Quels liens entre FB et LinkedIn ?

 

Lors d'un procès, un avocat opposé à Maître Kiejman lui avait lancé : "Je vous connais bien Maître" à quoi, dans un éclair, il lui avait rétorqué : "Eh bien, vous en savez plus que moi !"

Vous connaissez-vous vous même ? ( à suivre jeudi prochain avec Sartre et Hegel en invités surprise)

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 13

 

 

C’est démontré, à défaut d’être scientifiquement prouvé : durant les congés d’été ou de fin d’année, nous réfléchissons. Un peu comme si le restant de l’année nous n’en étions pas capables, sollicités ailleurs, pris par le cours des choses, par nos vies aussi bien personnelles que professionnelles, à courir à hue et à dia, sans s’accorder de temps « à soi ».

Lors des breaks, entre les bains de mer et les soirées qui se prolongent l’été ou entre la Dinde et le Sapin à Noël, on se surprend à se poser, à considérer en quelque sorte nos vies d’en haut. Au terme de cette opération sans bistouri ni anesthésie, nous nous séparons en deux, l’acteur d’un côté, l’observateur de l’autre et, ce faisant, nous devenons nos propres coachs, pointant ici ce qui va, inventoriant là ce qui ne va pas.

Cette voie, le plus souvent, nous ne la suivons pas seuls ; nous sollicitons nos proches, nous leur exposons non pas qui nous sommes (qui est assez fou – ou sûr de soi ? -  pour le faire ?) mais nos doutes sur ce que nous accomplissons au quotidien et notamment au travail.

Les breaks sont donc propices aux bilans et aux... résolutions… Celles-ci, que l’on qualifie presqu’automatiquement de bonnes (n’en existe-t-il donc pas de mauvaises ?), naissent aux rentrées comme les champignons après une averse en automne. Nous rencontrons ainsi ce que nous, consultants en recrutement, devrions appeler les candidats de rentrée, armés de bonnes résolutions, prêts à rompre avec ceux qu’ils étaient. La première, et la plus importante des résolutions, étant souvent de changer de travail.

Mais s’agit-il d’une résolution ? Changer de travail est une décision et non une résolution. Il y a dans la résolution une notion de durée et, qui y est associé, un sentiment d'effort, de renouvellement et de constance dans l'effort. Arrêter de vouloir tout contrôler (pour ceux qui éprouvent le besoin de tout contrôler) est une résolution : c'est vouloir le faire sur la durée, et s'efforcer de. C'est en quelque sorte vouloir vouloir : une décision n'y suffit pas. Chaque jour, il faut maintenir cette décision, la renouveler, la prolonger, lutter contre soi et son naturel qui revient au galop. C’est la même chose pour ceux qui arrêtent de fumer : le plus souvent, ils n’arrêtent pas d’arrêter – et dès lors de recommencer…

Rien de tel quand on veut changer de travail. Une seule - et bonne - décision y suffit. Encore faut-il savoir pourquoi nous voulons changer ! Ce genre de décision nous oblige à réfléchir à ce qui fonctionne dans notre présent et à ce qui ne fonctionne pas ; à ce que nous savons (bien) faire et à ce que nous voulons (et pouvons) faire. Changer de travail n'est jamais simple : hormis les circonstances critiques (entreprise en liquidation, poste ou département supprimé, mutation impossible…) qui nous contraignent, nous trouvons toujours des avantages dans notre poste et dans notre entreprise – des avantages, un certain confort mais aussi des inconvénients. C’est le vieux débat, qui remonte aux Présocratiques, qui opposait Parménide (qui vantait la permanence) à Héraclite (qui exaltait le changement). Rester ou partir ? Conserver ou changer ? Bien malgré nous, nous sommes entrés dans un monde de changement – ou d’impermanence - accéléré : les réponses nous sont davantage données que nous ne les donnons…

Dès lors, à l’aube de cette nouvelle Année, le conseil que nous, Hudson, voulons vous adresser est de vous… préparer. Changer ? Oui, mais pour changer en mieux ! Rester ? Oui, mais en connaissance de cause, en sachant pour qui, pourquoi, aujourd’hui et demain ! Et que 2017 soit, pour vous, une année de décisions, d’énergie et de tempérance.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 12

 

 

Ce matin, en arrivant au bureau, nous avons eu la surprise de voir, dans les salons d’attente d’Hudson, un groupe d’enfants, une petite quinzaine à vue de nez, à peine devaient-ils avoir dix ans en moyenne, un groupe d’enfants remontés comme en 14 si vous nous passez l’expression, si bruyants et agités qu’ils n’attendirent pas de rejoindre le bureau où nous les avions conviés pour nous poser la question qui les avait amenés, si tôt, à 8.00 du matin en pleines vacances scolaires, à venir nous voir :

Pourquoi avez-vous recruté le Père Noël ?

Fichtre ! La question, aussi directement formulée, par une gamine haute comme trois boules de pin et deux roudoudous venait sur un lit de colère sourde et d’incompréhension sincère. Que le Père Noël ait été recruté, nous ne l’ignorions pas, mais pas par nous : de cela, nous pouvions témoigner. Restait toutefois à en convaincre la petite troupe. Elle était parvenue à s'installer vaille que vaille (en dépit de l’exiguïté des lieux où nous avions trouvé refuge) et elle attendait, avec une impatience qu’à cet âge-là on se dispense de masquer, des explications concrètes et des réponses vérifiables. Notamment sur ce point-ci, de nouveau relayé par la cheffe de bande dont la voix montait dans les aigus aussi vite que le père Noël était censé descendre dans les cheminées la nuit de Noël :

Pourquoi nous y fait-on croire (sous-entendu au Père Noël) alors que, vous, les adultes (majuscules, souligné, en gras : ça s’entendait) savez parfaitement qu’il n’existe pas (re-majuscules, re-souligné, re-en gras, bref) ?

Ne parlons pas de panique. Ni d’incrédulité. Réfléchissons simplement à ceci qui délimitait l'immédiat : comment convaincre ces enfants 1/ que nous n'étions pour rien dans le recrutement du Père Noël, 2/ que le pauvre bougre ne méritait pas la fureur de leur attitude ni la véhémence de leurs propos. Car rien ne prouve au fond que les parents, nous tous en somme, pris à notre propre piège et sans doute nostalgiques de notre enfance, croyons moins au Père Noël que les enfants que nous essayons de convaincre le plus longtemps possible de son existence.

Il s’agissait donc de se lancer, ce que nous fîmes avec l’idée d’en finir au plus vite et si possible au mieux…

- Le père Noël n'a eu besoin de personne pour être recruté mes enfants. Il s'est recruté lui-même...

- (Etonnement, murmures, désappointement)

- Mieux : le Père Noël s'est, d'une certaine manière, "construit" lui même à travers le temps et à partir d'un stock de personnages historiques ou folkloriques, réels ou mythologiques, latins, nordiques ou slaves, qui vont des Saturnales romaines à Saint Nicolas, de l'Abbé de Liesse ou à Julebok.

- (Ah ? Oh ? Hein ?)

- Il est donc vieux et neuf, d'ici et d'ailleurs, toc et vrai, accessoire et essentiel. Existe-t-il vraiment ? Vous en doutez…

- Oui !… (Cœur unanime des enfants, la cheffe hissée sur un tabouret se chargeant de l’orchestration…)

- Eh bien vous avez tort : il faut y croire. Sans doute en avez vous vu davantage devant les grands magasins, plus ou moins barbus, plus ou moins rougeauds, plus ou moins joufflus, que dans votre propre cheminée : cette multiplicité, j'en conviens, fait douter de son unité. Au demeurant, lui si gros, après avoir garé ses rennes, peut-il descendre dans nos cheminées si étroites…

- C’est ça ! Hein, comment fait-il ?...

- Et ne jamais se tromper de cadeau à l'arrivée en confondant vos souliers avec ceux de votre petit frère ou de votre petite sœur en sortant de sa hotte le camion de pompier au lieu de la poupée qu'on peut coiffer ?

- Voilà, ça n’est JAMAIS arrivé (la cheffe est presque aussi rouge que le manteau du Père Noël)

- Eh bien, c’est que le Père Noël est plus fort que nous tous !

- (Surprise ! Silence)…

- Car le Père Noël existe…

- Ben non : c’est PAS le Père Noël, c’est papa et maman, on LES a vus !...

- Car le Père Noël existe (ne pas se laisser interrompre). Et si vos parents le suppléent parfois, c’est pour entretenir la magie des cadeaux qui vous sont offerts. N’est-ce pas plus merveilleux de les recevoir en pensant qu’ils viennent de l’au-delà plutôt que de ses parents ? Et pour les parents de penser qu’ils viennent du Père Noël plutôt que de leur banque ?...

- (Murmures…Conciliabules…puis la cheffe reprend la parole…) Ok, c’est peut-être pas un mauvais recrutement pour le poste que vous aviez ouvert alors… Mais pourquoi avoir recruté la petite souris alors ?...

 

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H'Tag Out of the Box #1

 

 

A ce jour, il est estimé que 60% des métiers de 2030 n’existent pas encore[1]. Si les évolutions économiques et écologiques, les transformations sectorielles contribuent à cette probable mutation, c’est une profonde révolution technologique qui semble en constituer le facteur fondamental. Reflet de cette (r)évolution, le métier de consultant en recrutement/talent management épousera cette transformation.

Imaginons :

2019 : l’Homme Réparé

- « …mon expérience la plus marquante ? indubitablement lorsque j’ai effectué une opération qui m’a donné la vue, à 33 ans. Une véritable renaissance. J’ai découvert les couleurs, j’ai découvert un visage sur les voix. Aujourd’hui, je souhaite me tourner vers les métiers d’art… »

- « … Ah oui, c’est vrai, l’an passé, j’ai eu un accident de ski où j’ai perdu l’usage de mes jambes. Trois jours après, j’étais au travail grâce à une opération pour implanter de nouvelles cellules par nanotechnologie et renforcer mes os en titane et mes muscles en composite. J’ai donc posé 3 jours de RTT, ce qui n’a pas affecté le projet sur lequel je travaillais et cet hiver je retourne skier… »

L’homme réparé nous parlera de ces expériences de handicap, de transformation médicales comme aujourd’hui nous parlons d’expériences professionnelles réussies ou plus contrastées. L’homme réparé pourra revendiquer une capacité de résilience, tel les profils que nous accompagnons en coaching ou sur des ré-orientations  professionnelles. C’est l’horizon de la fatalité qui s’éloigne, ce sont des possibilités qui s’ouvrent pour la première fois.

2027 : l’Homme Augmenté

- « … Et c’est ainsi que nous avons sorti le projet en un mois au lieu des deux ans autrefois nécessaires. J’ai pu travailler 23h/24 et compenser le sommeil en retard en compressant mes heures de repos… »

- « … Si j’ai des loisirs ? oui, j’ai terminé mon dernier marathon en 1h29 et j’ai pu lire tout Proust dans le métro du retour… »

L’homme augmenté va repousser les limites physiques et intellectuelles de l’être humain. La version optimiste tendrait à croire en une surperformance continue et la fin des burn out. L’âge d’or du management où les vœux s’exaucent, les délais se réduisent et la part d’erreur devient epsilonesque ? Dans cette phase de transition, assistera-t-on à une hiérarchisation des professionnels « augmentés » versus les « normaux » ?

2038 : l’Homme Robot

- « … après une première période de 43 ans au sein de l’entreprise Metta Gamma, je souhaite exercer mes fonctions de programmation C++, au service du développement nano-technologique de la robotique industrialo-chirurgicale. Je me projette sur une mission courte de 12 ans pour garder la possibilité d’updater mon IA et défragmenter mes datas… »

- « …mes loisirs consistent à composer des opéras algorithmiques parfaits et écrire tous les livres possibles… »

Frontière fine entre l’homme augmenté avec l’introduction d’une intelligence artificielle autonome et le pur robot humanoïde. Que restera-t-il alors de l’humanité profonde des parcours professionnels ? Des erreurs et réussites personnelles ? Des subtilités managériales ? De la variété des caractères et individus ?  Des féconds ennuis, des changements de caps professionnels, de la capacité d’émerveillement, du sentiment d’appartenance à un projet, à une entreprise ?

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » écrit François de Rabelais. A l’heure où Google Venture consacre un milliard de dollar annuel en recherche fondamentale et appliquée sur l’immortalité humaine (et investit depuis 2009 dans 300 sociétés centrées sur le "improve lives", en sciences de la vie, santé, Intelligence Artificielle, robotique, agriculture...) ce conseil bienveillant à Gargantua résonne comme un impératif.

Reste une boussole qui est – pour nous professionnels des ressources humaines - notre profond attachement à la diversité humaine, à notre croyance en un perfectionnement éclairé.

 

Nicolas Chouin, Consultant Senior Hudson France

 

 

 
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Le H de la semaine #11

 

 

Comment se préparer à un entretien de recrutement ?

La question posée entraîne son lot de réponses classiques, qui vont de la rédaction d'un CV dans un format clair et fluide à la validation argumentée et posée de son parcours.

À ce sujet, autant savoir maîtriser son temps de parole et réfléchir à des réponses solides à des questions telles que : quelles sont/ ont été les résultats probants (chiffrés si possible) de mon action dans les entreprises où j'ai travaillé et dans les postes que j'ai occupés ? Qu'est-ce qui explique chacun de mes changements professionnels ? Quels sont, au travail, mes principaux leviers de motivation et de performance ? Que disent/ diraient de moi mes supérieurs hiérarchiques/ et/ ou mes équipes ? - et ose-t-on ici le terrible : "Qu'allez-vous apporter à mon client ?" ou le follement hypothétique : "Où vous voyez-vous dans 10 ans ?"...

Bref, chacun a en tête ces questions-totems qui bornent tout entretien de recrutement et en font, d'ordinaire, des bals aux chorégraphies parfaitement maîtrisées où recruteurs et aspirants recrutés évoluent selon les canons de la danse classique. "1% d'inspiration. 99% de transpiration" : le trait de Thomas Edison s'applique ici comme ailleurs - et peut-être plus qu'ailleurs... On apprend ainsi à choisir une tenue adaptée, où le "too much" est combattu, dans le miroir, par le "trop peu". À poser sa voix. À gérer le silence. À... écouter. À regarder son interlocuteur dans les yeux. À maîtriser toutes les dates et tous les détails de son CV jusqu'à la révélation de ses loisirs qui, à force de vouloir en dire beaucoup, ne disent (sauf exception) plus rien. À formaliser des développements synthétiques sur ce qui nous ont semblé être nos plus belles réalisations professionnelles. À mieux connaître sa personnalité - ainsi voit-on fleurir désormais sur certains CV à côté des mentions au bac, scores au TOEIC ou rang d'admission aux grandes écoles (!), des ESTJ ou INTP, un peu comme si le résultat affiché au MBTI allait éviter, à l'oral, des développements trop intimes ou trop perturbants sur nous mêmes.

Depuis quelque temps, de manière trop régulière pour qu'il n'y est pas là un fond de vérité (qui va avec la complexité, les incertitudes et les ambiguïtés des transformations en cours dans nos mondes), on annonce la mort du CV, lourd et figé, qui ne différencie pas assez les compétences des aptitudes, de l'entretien de recrutement tel que nous l'avons brièvement décrit, de ces rituels que les consultants et les chasseurs exécutent avec plus ou moins d'allant, plus ou moins de bonheur, plus ou moins de sérieux. Lui succéderont quoi ? Des algorithmes, des cooptations, des tracking sur les réseaux sociaux ? Peur-être : qui sait ?

Chez Hudson, nous apprécions tous les hommes et toutes les femmes que nous rencontrons. Nous aimons les voir comme un tout, une "matière" qui n'est pas figée, qui est en mouvement, toujours apprenante, qui déborde de toutes parts des CV et des lignes qui y sont inscrites. Qu'ont fait les candidats ? Que n'ont-ils pas fait ? Qu'est-ce qui les a empêché de réaliser ce à quoi ils aspiraient, quels freins, quels obstacles, quels interdits ? Et donc, que peuvent-ils faire aujourd'hui, que feront-ils demain ? Tout est là : devant soi, comme la vie d'Emile Ajar (Romain Gary). L'entretien de recrutement, s'il est basé sur le passé (que savez-vous faire ? Que faites-vous bien ?), est pour nous un moment de projection vers le futur : que ferez-vous demain ? Et pourquoi le ferez-vous bien, avec entrain, avec joie, avec humanité ?

La vérité est que, chez Hudson nous avons quelques modèles - pas seulement des tests de motivation et des modèles de compétences. Des figures tutélaires en quelque sorte. Montaigne par exemple, qui est un modèle de vie, Des Essais, son chef d'œuvre absolu, il disait : "je n'ai pas plus fait mon livre que mon livre m'a fait". Faisons-nous nos vies et nos parcours ? Absolument. Nous font-ils aussi ? Assurément. Et nos proches, nos parents, nos compagnes ou compagnons ? Nos patrons, nos équipes, nos collègues ?  Les chasseurs que nous rencontrons ? Tout autant !

À la fin, toujours habité par le doute, frère de sa curiosité insatiable, Montaigne se pose la question s'il n'a pas, rédigeant son œuvre, perdu son temps. Non, bien sûr que non, il ne l'a pas perdu mais il veut dire par là que rien n'est plus important que ce que nous faisons de nos vies (et ce qu'elles font de nous), tous les jours, en en acceptant les hasards et la nécessité, les bonnes parts comme les mauvaises, - en tout l'incroyable richesse.

C'est au final un des meilleurs conseils que nous puissions vous donner : puisque vous faites votre parcours autant qu’il vous fait, présentez le de manière sincère, juste et passionnée « 1% d’inspiration, 99% de transpiration » …

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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Retour sur la cérémonie du Trophée du Directeur Financier de l'année 2016

 

 

Retour sur la 17ème cérémonie du Trophée du Directeur Financier et du Prix du Jeune Financier de l'année 2016.

Deux prix pour deux approches du métier de directeur financier

Cette cérémonie de remise des Trophées et Prix valorise la profession et met en avant l’importance de la fonction finance et sa contribution stratégique au développement de l’entreprise.
Le 17ème Trophée du Directeur Financier de l’Année a distingué le 7 décembre 2016, deux personnalités du monde de la finance.

 


Lauréat 2016 : Jean-Baptiste de Chatillon, Directeur Financier du Groupe PSA Peugeot Citroën

Quand le groupe automobile bataillait pour assurer sa survie commerciale et industrielle, sa direction était au premier rang pour accompagner et conduire les transformations indispensables : augmentation de capital et refinancement, cessions d'actifs, travail majeur sur le besoin en fond de roulement," la période fut d'une tension extraordinaire, mais mes équipes sont un vrai bonheur " témoignait alors Jean-Baptiste de Chatillon aux invités de cette 17ème édition.

La sérénité commerciale et financière retrouvée ces derniers mois par le Groupe PSA Peugeot Citroën l'a placé à nouveau en situation d'acquisitions, notamment de start-up. " Attention" soulignait le lauréat, "de s'assurer du rationnel de la synergie et de la gouvernance dans les acquisitions pour ne pas casser la dynamique des fondateurs ."

Diplômé de l’Université Paris-Dauphine et de l’Université de Lancaster (UK), Jean-Baptiste de Chatillon a exercé plusieurs fonctions de direction commerciale au sein du Groupe avant d’être nommé Directeur du contrôle de gestion du Groupe en 2007 puis président de Banque PSA Finance de 2012 à Juillet 2016.

Membre du Directoire de Peugeot S.A. depuis 2012, il est actuellement Directeur Financier du Groupe et Directeur des Systèmes d’information. Il est également en charge de deux directions commerciales : la Direction des pièces de rechange et des services et la Direction des véhicules d'occasion.

 

Prix spécial de la contribution de la fonction finance à la création de valeur : Fabrice Mouchel, Directeur Général Adjoint Finance d'Unibail-Rodamco

Avec ce prix, le jury a salué la technicité et la discipline financière de Fabrice Mouchel et de ses équipes qui ont permis à Unibail-Rodamco de traverser la crise de 2008 pour arriver à 20 Milliards d'euros de capitalisation boursière tout en privilégiant une très forte culture de distribution aux actionnaires.

Directeur Général Adjoint Finance d’Unibail-Rodamco, Fabrice Mouchel est diplômé d’HEC Paris (majeure Finance) et titulaire d’une maîtrise en Droit de Paris II Assas et du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa).

Après un début de carrière en 1993 au sein du département droit des affaires du cabinet Gide Loyrette Nouel avec une spécialisation dans les fusions acquisitions, il rejoint les équipes de "mergers and acquisitions" d'ING Barings en 1997.

C'est en 2001 qu'il entre chez Unibail comme Directeur du Développement en charge des opérations de croissance externe.
En 2002, Directeur des Ressources Financières et des Relations Investisseurs du Groupe, il travaille sur diverses opérations de financement ou fusions/acquisitions dont le refinancement et la cession de Cœur de Défense ainsi que la fusion d’Unibail-Rodamco.
En 2007, à la suite du rapprochement entre Unibail et Rodamco, il est nommé Directeur Général Adjoint Finance du Groupe. Ses responsabilités couvrent notamment le contrôle de gestion, la planification, le financement, la trésorerie et la supervision des directeurs financiers dans les pays où le Groupe opère.

Il est depuis 2013 membre du directoire d’Unibail-Rodamco.

 

1ère édition du Prix du Jeune Financier 

Créé dans le cadre du Trophée du Directeur Financier de l’Année, ce nouveau prix offre l’opportunité à de jeunes professionnels de présenter leur expérience, dans un espace de dialogue et de confrontation d’idées entre professionnels de la Finance Gestion.

Le Prix du Jeune Financier vise à distinguer des financiers d’entreprises de moins de 35 ans pour l’excellence de leurs réalisations mais également, pour la cohérence de leur parcours dans la filière financière, en France et à l’international.
 
Claire Peigney, Directrice Financière des Constructions Mécaniques de Normandie, lauréate du Prix du Jeune Financier de l'année
 
Dans une entreprise qui devait absolument revisiter ses process industriels et commerciaux pour survivre, malgré son excellence technique, le jury a reconnu la performance d'une direction financière recomposée : recherche d’optimisation, refonte de la comptabilité analytique pour produire des devis en adéquation avec les attentes du marché, installation d'un ERP, retour à la profitabilité (EBITDA de 10% du CA) et optimisation de la trésorerie.
 
" A l'instar du Président Belmer qui a fait le choix de recruter une femme, jeune, expert-comptable, dans un environnement à 93% masculin, pour redynamiser la fonction finance, j'ai également fait le choix de la confiance avec mes propres équipes en leur attribuant un rôle clé. Autre élément déterminant, la pédagogie de la culture financière pour les opérationnels : nous avons développé des formations personnalisées pour les sensibiliser à la finance et à la compréhension du reporting" explique Claire Peigney .
 
Titulaire d’un Master CCA et diplômée d’expertise comptable, Claire Peigney a commencé sa carrière dans l'audit et l'expertise comptable chez KPMG en 2006.
En 2013, elle intègre en tant que  Directrice Financière les Constructions Mécaniques de Normandie (CMN), chantier naval implanté à Cherbourg.
Les CMN qui emploient aujourd’hui 350 salariés expérimentés, représentent un des chantiers les plus prometteurs et performants d’Europe grâce à sa gamme d’intercepteurs et de bateaux de surveillance considérée comme la plus performante du marché, sa maîtrise industrielle, ainsi que sa diversification dans les Energies Marines Renouvelables (EMR).
 
DFCG
 
Le jury a également salué la qualité des candidatures
Anne-Charlotte Millard,
Directeur Administratif et Financier adjoint de SpineGuard
Antony Prissette,
Responsable Administratif et Financier de Lindal France.
 
 
 
 
 
 
 
 
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Le H de la semaine #10

 

 

Nous n’avons qu’une vie et trop d’existences en nous. Ce constat dressé, lesquelles choisir ? auxquelles renoncer ? au nom de quoi et comment ?

Ces questions, qui se posent naturellement lors de chaque entretien de recrutement, se règlent en général autour d’un CV et de discussions plus ou moins alertes mêlant des réalisations chiffrées, des comportements observables et des motivations vérifiables. S’y ajoutent, au détour de certaines pauses ou silences, des rêves, des désirs, des envies... sans doute aussi d’autres métiers et d’autres vies…

Et si tout cela était vain ? Et si nous jouions nos vies, professionnelles et personnelles, différemment, avec plus de fun et de radicalité – aux dés par exemple ?

Luke Rhinehart a publié l’Homme dé en 1971. Ce livre, interdit dans de nombreux pays à l’origine puis rapidement devenu culte aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, raconte l’histoire… de Luke Rhinehart...

Luke est un psychanalyste new yorkais apprécié de sa femme, de ses patients et de ses collègues, un thérapeute doux et compréhensif, à la vie sage et bohême comme il sied à un intellectuel vivant à Manhattan dans les années 70, qui n’a que peu de fantasmes et encore sont-ils de faible ampleur, tiens comme celui de coucher avec sa voisine de palier, la femme d’un de ses collègues dotée d’un physique spectaculaire, Arlene. Un soir, après une soirée un peu arrosée à son domicile, il avise un dé qui traine au sol, d'où vient-il, peu importe, il est là. Le ramassant, il se dit, si je le lance et qu’il tombe sur une face entre 2 et 6, je vais me coucher ; sinon, je traverse le palier, je sonne chez Arlene (il a senti qu'il ne lui était pas indifférent) et je couche avec elle – enfin : je lui propose de coucher avec moi.

Le dé roule : il tombe sur le 1. Luke hésite – il pressent qu’il va s’engager dans une voie qui va bouleverser sa vie – mais, obéissant, il choisit de suivre la décision que lui a fixé le dé. Il quitte son domicile et sonne en face. Il est tard mais Arlene lui ouvre : elle est en nuisette sexy et, si elle se montre surprise, elle ne l’accueille pas moins dans son lit où son enthousiasme, deux heures durant, se révèle très communicatif.

Après cet épisode, Luke a compris que quelque chose avait profondément changé en lui : il est sorti de sa personnalité pour en adopter une autre, qu'il devine plus large et plus incertaine, à la fois plus forte et plus complète. Cette expérience, qui aurait pu être unique ou limitée, il choisit d’en faire la matrice de sa nouvelle vie. Pour chaque décision, personnelle ou professionnelle, importante ou bénigne, qui va d’un choix de film ou de restaurant à la nature des conseils à donner à ses patients, il s’en remet désormais aux dés. Il assigne à une face l’option la plus raisonnable – disons celle du Luke d’avant - et aux 5 autres des alternatives de plus en plus audacieuses, de plus en plus téméraires, bientôt de plus en plus folles.

Car si au départ le jeu permet à Luke de briser la routine de sa vie et d’y ajouter de bonnes rasades de fun, très vite le dé devient son Dieu absolu, son Maître en hasard, son Tyran quotidien. Il pousse, sur ses recommandations (ou injonctions), ses patients à quitter leur famille, leur job, leur vie ; sa famille à le suivre dans ses délires de moins en moins aimables ; des inconnu(e)s à coucher avec lui ou à le maltraiter ; des collègues à remettre en cause la base même de leur métier et, pendant qu'on y est, de l’identité individuelle.

So what ? leur répond Luke que sa famille, effarée par ses folies et leur démesure grandissante, a quitté. L’identité individuelle n’est qu’un fardeau d’ennui, d’inconstance et de frustration clame-t-il. Les thérapies visent à soutenir et renforcer ce carcan quand la liberté du dé vous permet, elle, d’être un autre, des centaines d’autres, que vous aviez envie d’être ou pas…

What do you really want ? Everything I guess. To be everybody and to do everything.

L’homme-dé est un livre aussi subversif que fascinant ; il est vertigineux ; il ne finit pas bien. Il est fascinant parce que nous n’avons qu’une vie et que, limités à nos propres personnes, nous aimerions savoir qui nous aurions pu être – mieux : être des autres que nous-mêmes, vivre leurs vies, à l’opposé des nôtres, des vies que nous vivrons jamais. Luke Rhinehart, lui, l’a fait, il les a vécues jusqu’à la folie.

Comme le rappelle Emmanuel Carrère, que l’homme-dé avait aussi profondément troublé, il faut savoir « opposer à cette multiplicité la tradition stoïcienne pour qui l’accomplissement est au contraire fruit de la cohérence, de la fidélité à soi-même, de la patiente sculpture d’une personnalité aussi stable que possible. Comme on ne pourra jamais prendre tous les chemins de la vie, la sagesse est de suivre le sien, et plus il est étroit, moins il bifurque, plus on aura de chances de monter haut. »

Chez Hudson, à notre profond regret (?), nous ne jouons pas aux dés, ni avec les candidats (« Vous êtes Directeur Financier dans les services ? Devenez Ingénieur électricité off-shore ! Devenez ébéniste ! Devenez légionnaire ! »), ni avec les clients (« Vous cherchez un Directeur des Opérations dans le B2B ? Recrutez un écrivain ! Recrutez un rugbyman professionnel ! Recrutez une pianiste virtuose ! »).

C’est dommage ? Peut-être. La vie multiple offre des charmes infinis et des possibilités exaltantes. Mais à bien y réfléchir, une seule vie n'est-elle pas plus réaliste, plus sûre ? Chacun, en creusant son sillon, grandit, se développe et se renforce - chacun se construit. La maîtrise vient, à l’origine, de l’expérience accumulée, du travail sans cesse remis sur l’ouvrage, de l’apprentissage quotidien. Une fois qu’on maîtrise, on peut innover, on peut changer, on peut inspirer, on peut entreprendre. D'une seule vie on peut alors en FAIRE une autre, la même mais en plus ample, remplie d'existences consolidées, riches, multiples. Tant pis pour l’homme-dé : chez Hudson, nous pensons que nous n’avons qu’une vie, la nôtre, mais qu'il ne tient qu'à nous de la faire grandir et fructifier.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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Le H de la semaine #9

 

 

Nous vivons dans un pays où tout le monde est libre de choisir comment gagner sa vie mais où près de 60% des salariés déplorent avoir choisi un mauvais métier - en tout cas un métier qui ne leur convient pas, où ils ne s’épanouissent pas, qui leur pèse au quotidien et les prive du bonheur auquel ils aspirent.

Ces salariés, que nous appellerons candidats, nous en rencontrons tous les jours chez Hudson. En recrutement (il en va différemment en coaching ou en outplacement où les enjeux ne sont pas les mêmes), ils nous font rarement part de leurs doutes, des choix incertains qu’ils ont réalisés, de la non reconnaissance des mérites qui sont les leurs et dont ils peinent à comprendre qu’ils n’aient pas été mieux appréciés… Conditionnés sinon contaminés par un état d’esprit positif, ils savent ou croient savoir que l’entretien de recrutement est une sorte de pokerface, où tout doit apparaître, à l’inverse de la vie, propre, net, simple, sans nulle trace d'ambiguïté ni de défaillance.

Rares donc sont ceux qui se livrent sans calcul, à cœur ouvert, prêts à nous confier spontanément, sinon leur « petit tas de secrets », au moins leurs hésitations, leurs doutes ou leurs échecs. S’ils s’y risquent, encore le font-ils d’une manière qu’ils essaient de rendre assurée voire allante car ils sont conscients que le faire autrement, sur un ton amer ou circonspect, saperait durablement leur candidature.

Ils se trompent. Comme l’écrit Nabokov dans la Vraie vie de Sebastian Knight « J’étais si maladroit que je trouvais toujours le moyen d’une manière ou d’une autre de commettre la faute que j’étais le plus anxieux d’éviter ». Oui, autant être sincère, c’est-à-dire penser ce qu’on dit et le faire sans fard ni esbroufe, comme on se confierait à un ami bienveillant qui cherche à vous aider.

Nul ne croit, et nous moins que d’autres, aux parcours rectilignes, sans tâche ni heurt, ni aux vies qui s’y rattachent, idylliques, où tout s’agence comme dans un rêve, une sorte de sitcom conçu et tourné dans les studios de Hollywood. Nos vies professionnelles ressemblent à nos vies personnelles, soumises à des hauts que suivent des bas auxquels succèdent de nouveaux hauts et de nouveaux bas. Elles ressemblent à une étape de moyenne montagne du Tour de France où les cols de 3ème catégorie font la fête avec ceux de 2ème catégorie. Nous ne sommes jamais sûrs de franchir la ligne d'arrivée avec le maillot jaune ni avec celui à pois. Nous connaissons des défaillances dans les montées, il nous arrive de crever dans les descentes, nous sommes victimes de coups  de fringale ou de glissades dans les virages. Qu’importe : rien ne dit que le lendemain nous ne remporterons pas l’étape qui traversera la ville où nous sommes nés...

Chacun, au fond de soi, croit avoir identifié les ingrédients d’une vie réussie : obtenir un bon diplôme, accomplir une carrière ascensionnelle dans un secteur porteur et une entreprise où il fait bon vivre, trouver le ou la partenaire adapté(e) - l'aimé(e) ! -  autour duquel s'agrégera une famille douce et aimante avec laquelle on se consacrera à des loisirs aussi divers qu’ébouriffants (des voyages… du sport… des fêtes... de l’Art avec un grand A…).

Qu’est-ce qui nous empêche d’y parvenir ? Rien… Tout...

La matrice de cette vision idéale - et de tous ces bonheurs latents - reste la carrière que nous menons… Dis-moi ce que tu fais (et combien tu gagnes) et je te dirai si tu seras heureux. Le consultant en recrutement apparaît dès lors comme un accélérateur de particules ou, à l’inverse, quand les choses se passent mal, comme un empêcheur de tourner en rond - une sorte d'être malveillant qui nous priverait de ce que nous méritons… Le consultant bénéficie-t-il réellement d'un tel pouvoir ? Tout peut-il se jouer vraiment lors d’un entretien de recrutement ?

Un entretien de recrutement est avant tout un moment de vie où les candidats racontent leur vie... professionnelle - et qui se veut exclusivement professionnelle. Mais ne nous y trompons pas : on amène tout en entretien, ses diplômes, son expérience, ses skills, son tempérament, sa motivation - mais aussi ses doutes et ses soucis, les siens et parfois ceux de ses proches, ses joies du moment, sa vie en entier. Nos identités sont précaires et discontinues, hésitantes et soumises aux aléas du temps. Qui sommes-nous ? Quel est notre moi ? Serons-nous heureux, et si oui dans quel métier et à quel prix ? 

Chez Hudson, nous n'avons pas la prétention de répondre à ces questions mais il nous arrive souvent de les soulever, comme des pierres sur un chemin, avec une douceur infinie. Dessous nous trouvons la plupart du temps des trésors... qui mènent à des vies (plus) accomplies et (jusqu’alors) inconnues… C'est notre métier, ce sont nos vies, c'est la source permanente de nos joies…

 

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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Le H de la semaine #8

 

 

C’est une drôle de dame qui sort de notre bureau, grande, précise, cassante. Un accent aristocratique, des manières qui vont avec, le genre à ne pas accepter qu’on la contredise.

Son nom : Exposition. Son prénom : Universelle. L’entretien que nous venons d’avoir avec elle fut bref et dense. A peine avons-nous eu le temps de placer trois mots, Oui, parfait, merci, que la porte se refermait, une enveloppe cachetée contenant nos honoraires restant en évidence sur le bureau et, dans son sillage, discrètes mais tenaces, les traces de son parfum.

Sa demande est à son image : bien formulée, n’appelant pas à négociation, urgente ascendant urgentissime. Nous avons compris que nous devions nous y coller sans tarder. En résumé : "Faites que mon expo à Paris soit inoubliable, technologiquement insurpassable, matériellement monumentale. Pas plus de 3 candidats en short-list. Vos honoraires seront les miens." 

Reprenons. Nous sommes à la fin des années 1880, l’Expo a lieu à Paris en 1889, du 6 mai au 31 octobre. Elle doit accueillir 20 millions de visiteurs (elle en accueillera 32.3 au final). Il lui faut, c’est l’objet même de sa demande, recruter un monument fût-il temporaire, qui marque les esprits, les renverse, les foudroie… On était comme ça, à cette époque, et peut-être l’est-on toujours, à vouloir faire grand, plus grand encore, histoire de montrer son savoir-faire, son génie, sa démesure. Elle n'avait pas ajouté, sa voix se serait-elle brisée ?, que le monument à recruter célébrerait le centenaire de la révolution française…

La réunion méthodologique que nous tenons dans l’heure doit nous permettre de resserrer la cible : à rebours de ce qu’on pense, elle l’élargit. Le pôle recherche, particulièrement inspiré, propose du monument en veux-tu, en voilà, persuadé que d’un lot extensible sortira l’élu(e) absolu(e). En l’absence d’instructions précises, c’est souvent une bonne manière de procéder : ne pas brider son imagination dans l'approche (cibles) avant d’être rigoureux dans l’exécution (choix, attraction, évaluation).

Premier CV : il est depuis (très) longtemps dans nos fichiers, on l'extrait à grand-peine, il est d'une longueur infinie... C'est la Grande Muraille de Chine, une jeune femme d'approximativement 2.200 ans. 6 à 7 mètres de hauteur (Glop Glop), 4 à 5 mètres de largeur (Glop Glop), 8.800... kilomètres de longueur, soit la distance entre Paris et… Oulan-Bator (Mongolie) : aussitôt ouh la la, aussitôt pas glop, pas glop. Écartée à l'unanimité.

Deuxième CV : depuis longtemps dans nos fichiers lui aussi, dans un autre style cependant, disons massif... Nom : le Colisée. Rond et aérien, accent italien, assez belliqueux. Longueur 187 mètres, largeur 155 mètres, hauteur 50 mètres – un colosse. Globalement oui, mais finalement non : pourquoi cet espace de jeux romains (Circenses) sans romains, sans fauves et sans gladiateurs ? Remarque très juste. Ecarté.

Troisième CV : encore une bonne connaissance, 73.5 mètres de long et 20.22 mètres de hauteur, le nez en vrac, le Sphinx de Gizeh. Une valeur sûre non ? Représentant Khéops (père) ou Khépren (fils), on ne sait pas trop, le tout sur un corps de lion couché sur son lit de sable, il souffre d’un handicap : sa concurrence avec l’Obélisque de Louxor, offerte par l’Egypte à Charles X en 1830 et sise place de la Concorde. Alors ? Alors, on écarte.

"Et si on tentait celui-ci ?" propose une chargée de recherche un grand sourire aux lèvres. Surprise parmi les présents : c'est le CV de Central Park qu'elle nous propose. Soudain, nous voilà transportés à New York, du vertical à l'horizontal : 341 hectares, 500.000 arbres et arbustes, une vraie forêt en plein cœur d'une autre forêt autrement minérale et vertigineuse, celle des gratte-ciels de Manhattan. "Attendez, combien de personnes ont œuvré à l'aménagement du parc ?". "Euh... 20.000..." "Et ça a duré combien de temps ?" "Euh... 15 ans...". Sérieux, on é-car-te.

D’autres CV défilent, qui ne doivent rien à personne, qui bousculent les calendriers et survolent les frontières. En guise d’annuaire et à défaut d’autre chose (jusqu'à preuve du contraire et l'avènement des humanoïdes, un cabinet de recrutement ne fabrique pas de candidats mais il identifie les meilleurs, les attire, les convainc), nous avons étudié la carte du patrimoine mondial de l’humanité. 1.031 biens répertoriés : 802 culturels, 197 naturels et 32 mixtes. L’ Italie en compte 51 devant la Chine (50) et l’Espagne (45) – la France (42) est 4ème. Rien n’émerge cependant.

Et puis, on songe à cette candidate, la Tour Eiffel, du nom de Gustave, son concepteur. Nous l'avions rencontrée quelques mois plus tôt, dans des conditions difficiles puisqu'elle échouait à entrer dans notre bureau. Elle avait essayé (en vain) de glisser son pilier nord par la fenêtre : avec ses 312 mètres et ses 10.100 tonnes, autant dire que c'était mal barré. Nous lui avions proposé, alarmés, de nous retrouver en plein air, tiens pourquoi pas au Champ de Mars, vous situez ? Nous l'y avions retrouvée quelques heures plus tard, posée devant la Seine et derrière l'Ecole Militaire. Haute certes (elle restera le monument le plus élevé du Monde pendant 41 ans, détrônée par le Chrysler Building à New York) mais globalement à son aise dans cet environnement aéré (même si de nombreux Parisiens la détestèrent d'emblée, certains tels Verlaine allant jusqu’à faire des détours pour ne jamais la voir). D'une voix un rien métallique, elle nous avait expliqué déplorer cette situation, qu'elle avait mis 2 ans 2 mois et 5 jours à voir le jour et qu'elle constituait, mieux que "quiconque", une vitrine du savoir-faire technique de l’ingénierie française. 

Elle nous avait convaincus et nous l’avions présentée à L’Exposition Universelle, au motif qu’elle frapperait durablement les esprits et assurerait longtemps la signature de Paris dans le monde. Notre cliente avait approuvé et tiqué en même temps, consciente de la prouesse que l’édification de la Tour constituait, doutant toutefois de son caractère esthétique – cette masse écrasant la rive gauche de l’Ouest parisien. En réglant nos honoraires de fin de mission, mi satisfaite, mi déçue, elle nous avait confié que c’était bien, oui, impressionnant à l’évidence, mais qu’elle la conserverait 20 ans, pas un jour de plus.

121 ans plus tard, en 2010, la Tour Eiffel a fêté son 250 millionième visiteur : c’est le bâtiment le plus visité au monde et le Totem des Parisiens. Nous, consultants, l’affirmons toujours : recruter, c’est voir loin…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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