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InTALENTgenceBlog
 

H de la semaine 19

 

 

Alors, ce n’est pas partout le cas, mais la tendance se propage et on peut la considérer comme excitante, cohérente, professionnelle - ou pas.

Au vrai, elle s’est déjà considérablement développée dans le monde du click, disons au sein des GAFA and co., et gagne de manière quasi virale le monde du mortar, les autres pans de l’économie y étant venus les uns après les autres, peut-être jusqu’à ce qu’une nouvelle mode ne les remplace, allez savoir.

Les ? On veut parler des tests, des casse-têtes (dingues), des énigmes (souvent impossibles) et autres techniques d’entretien (décoiffantes)

Ils se substituent, sur un mode ludique, aux questions sur les origines, les professions des parents ou des conjoints, les entretiens biographiques et autres analyses graphologiques – ce n’est pas plus mal avouons-le.

Vous recruteriez-vous ? Oui ? Alors, répondez à ces questions  :

  1. 3 hommes et 3 lions sont sur la rive d’un fleuve. Vous devez tous les transporter sur l’autre rive en utilisant un bateau unique qui ne peut prendre que 2 créatures (homme ou lion) à la fois. Vous ne pouvez pas laisser les lions devenir plus nombreux que les hommes sur l’une ou l’autre rive du fleuve au risque que les lions ne le(s) dévorent. Comment effectueriez-vous ce transport ?
  1. il y a trois femmes en maillot de bain. Deux sont tristes et une est heureuse. Les femmes tristes sourient et la femme heureuse pleure. Pourquoi ?
  1. un homme a poussé sa voiture jusqu’à un hôtel et a perdu sa fortune. Que s’est-il passé ?
  1. combien demanderiez-vous pour nettoyer toutes les vitres de la Défense ?
  1. quels défis X (l’entreprise qui recrute) devra relever les 10 prochaines années ?
  1. vous rapetissez jusqu’à la taille d’une pièce de 5 centimes d’€ et êtes projeté dans un mixeur. Les lames entrent en action dans 60 secondes. Que faites-vous pour en sortir ?
  1. il vous faut franchir une rivière dans une région infestée de crocodiles et vous n’avez pas de bateau. Comment faites-vous ?
  1. comment mettre une girafe dans un réfrigérateur ? comment mettre un éléphant dans un réfrigérateur ?
  1. décrivez l’équipe la plus hétérogène que vous avez eue à manager ?

Alors, ça donne quoi ?...

(réponses la semaine prochaine)

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 18

 

 

Vous seriez-vous recruté ? #3

Dans les Testaments trahis, Milan Kundera rapporte que durant la rédaction de Don Quichotte, Cervantès « ne s’est pas gêné, chemin faisant, pour infléchir le caractère de son héros ». Il explique ainsi que si Diderot, Sterne ou ce même Cervantès nous envoûtent encore, c’est bien parce qu’ils improvisaient. Ils ne sentaient pas prisonniers d’un cadre, d’une histoire ou d’un scénario. Il en allait ainsi dans les grands textes classiques tels l’Iliade, l’odyssée ou les Mille et une nuits. Après eux, quelque chose s’est perdu : cette légèreté, cette insouciance. L’art de la composition est devenu complexe et rigoureux. Il suffit, nous indique toujours Milan Kundera, de feuilleter en Pléiade les notes de Dostoïevski sur (par exemple) les Démons : 7 cahiers de notes de 400 pages pour un roman qui en fait 750…

Nous songions à ce passage de Kundera au moment d’aborder le 3ème volet de notre série « Vous seriez-vous recruté ? » consacré au… CV ! Et oui, le Curriculum Vitae, ce fameux « déroulement de vie », qui constitue la matière première de tous les recruteurs ! Peut-il être improvisé ? Pensé « out of the box » ? Peut-on, à l’instar de Cervantès, chemin faisant, en infléchir le cours et y introduire d’autres notes sur qui nous sommes et sur ce que nous avons fait ?

C’est amusant : le CV s’appelle toujours le CV. C’est un morceau du passé (le latin ajoute à son âge, qui lui donne un côté avant Jésus Christ ou Guerre des Gaules), qu’on lit au présent et qui est censé préparer l’avenir. Ici et là, on le dit pourtant condamné. Par quoi ? Par l’air du temps, le digital, les réseaux sociaux (« consultez mon profil sur L*** » nous disent des candidats chassés…), les outils prédictifs, la cooptation…

N’allons pas trop vite en besogne : le CV, quoiqu’on en dise, a encore de beaux jours devant lui. Il a déjà largement évolué au fil des ans, effaçant les dates (de naissance), les adresses (de résidence), les numéros de téléphone (parfois), les photographies (souvent) ou les loisirs. Se réduit-il, pour les recruteurs et à leur grand dam, à une somme d’indices, un jeu de pistes, une chambre d’échos ? Pas tout à fait ! Parce qu’à mesure que certains indices s’effacent, un peu comme dans Memento (Souviens-toi… en latin !) de Christopher Nolan, d’autres apparaissent : essentiellement chiffrés, ils donnent aux parcours des jalons mesurables, systématiquement traçables – et systématiquement tracés...

Car on a beau se projeter sur de nouveaux modes de management (à distance, internationaux, pluri-générationnel, responsabilisant, en équipe…), appeler à briser les codes (dans un monde complexe et changeant), afficher qu’il ne faut plus recruter des clones (plus de « plug and play » ou de bataillons de têtes bien faites mais des talents en rupture, créatifs, agiles), la réalité résiste. Une réalité différente mais qui dit, au fond, la même chose – en pire ?

Les données quantitatives ont désormais envahi les CV : les dates de naissance disparaissent ? Les types psychologiques MBTI, Golden ou Process com les remplacent. Les adresses ne figurent plus ? Les résultats de nos actions, dûment quantifiées (hausse du CA, progression de l’EBIT, baisse des CAPEX, notes au TOEIC…) s’y substituent. Ainsi, vaille que vaille et loin des libertés du récit de Cervantès, les CV racontent notre entrée dans un monde neuf et surprenant, saturé de megadonnées et de chiffres qui raisonnent, pour ainsi dire par eux-mêmes, à coups d’algorithmes et de statistiques. Bientôt, si nous n’y prenons garde, ils régiront nos pensées, nos actions et nos parcours de femmes et d’hommes numériques.

Après le CV, les chiffres. Après la qualité, la quantité. Après l’homme, quel homme ?... 

(à suivre…)

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 17

 

 

Auriez-vous recruté Roger Federer ?

La question ne se pose pas. C’est indécent de la poser. C'est une hérésie. La réponse est OUI, 18 fois OUI, 18 comme le nombre de Grands Chelems qu’a remportés Roger Federer au cours de sa carrière. Le dernier, tout le monde le sait, date de ce week-end : nous sommes à Melbourne, Rodge a 35 ans, un âge où on ne gagne plus au tennis des matchs en 5 sets, a fortiori des tournois du Grand Chelem, un âge où on considère (encore) le Maître comme un chef d'œuvre mais en péril, cuit pour le tennis et les grandes victoires : eh bien non ! Rodge est là, toujours là, mieux que là : à jamais là, en un mot éternel.

Comment jamais se lasser de regarder jouer un tel joueur ? Nous sommes quelques uns - des millions en réalité… - capables de regarder en boucle ses plus beaux matchs, à nous lever à pas d’heure pour le voir disputer un premier tour dans un tournoi ATP 500 à l’autre bout de la terre, à collecter tous les articles le concernant. Au génie absolu qui marque chacun de ses gestes, d’une pureté, d’une fluidité et d'une grâce inégalées, s’ajoutaient pourtant  depuis quelques années une fragilité, des blessures, un doute sur sa capacité à résister aux nouveaux maîtres du tennis, les Djoko, les Murray, les Wawrinka. Aussi improbable cette réalité fut-elle, nous aussi nous étions laissés contaminer par l’idée que Roger était devenu mortel, sinon ordinaire au moins « battable ». Gagné par l’âge, les douleurs qui vont avec et une moindre vitesse, il gagnait moins, se blessait plus ; son compteur en GC restait bloqué à 17, le dernier datant de… 2012 à Wimbledon. Personne ne l'imaginait en gagner davantage - certains s'en réjouissaient même.

Car il nous arrive de lire, sur les forums de l’Equipe.fr, les échanges entre les pro Nadal (tiens, un revenant lui aussi) et les pro-Federer :  le plus souvent, ils sont d’une violence inouïe à l’instar de ceux qui prévalent aux échanges entre les pro Messi et les pro Ronaldo. Nous ne comprenons pas cette violence. Chacun (Rafa et Rodge) incarne des écoles différentes, les deux dignes d'éloges ; Nadal est du coté de la terre, Federer de l'air, Nadal incarne le muscle et la transpiration, Federer la légèreté et l’inspiration. Nadal est un magnifique artisan, qui fait comme toujours, doté d'un talent et d’une puissance incroyables; Federer est un pur génie, qui fait comme jamais, inventant de nouveaux coups, de nouveaux codes - un nouveau tennis, un tennis de rêve (qui n’exclut pas le travail et même, le plus souvent, un travail acharné)..

Nombreux sont ceux qui ont essayé, à force d'observation, de décrypter le mystère des coups de Roger Federer. David Foster Wallace (qui fut un des plus grands écrivains américains du 21ème siècle) est tombé amoureux de Federer devant sa télé au début du quatrième set de la finale de l’US Open 2005 qui l'opposait à André Agassi. Alors que, devenu commentateur pour la télévision, John McEnroe s’écriait : "Comment Federer peut-il faire un coup gagnant dans cette position ?", l’épouse de Wallace découvrit son mari à genoux devant l’écran, bouleversé par le spectacle. Federer gagna le match ; l’année suivante, il n'en perdit que quatre sur les quatre-vingt cinq qu’il disputa. Wallace écrivit alors pour le New York Times un texte éblouissant (et devenu mythique) où il décortique la gestuelle fédérienne. Il dit s’être inspiré du commentaire d’un conducteur de bus qui lui parlait de son plaisir à observer le jeu de celui qui était alors n°1 mondial: "Une putain d’expérience quasi-religieuse", avait marmonné le chauffeur. "Il y a plusieurs sortes d’explications à la beauté de Federer, écrit David Foster Wallace. L’une d’elles implique le mystère, la métaphysique et est, selon moi, la plus proche de la vérité. Cette explication métaphysique implique que Roger Federer compte parmi les très rares athlètes “surnaturels” qui semblent échapper à certaines lois de la physique. Comme Michael Jordan, qui restait dans les airs plus longtemps que la gravité n’aurait dû le lui permettre, ou comme Mohamed Ali, qui flottait vraiment sur le ring et réussissait à placer deux ou trois coups pendant que les autres n’en plaçaient qu’un. On peut nommer une demi-douzaine d’autres exemples depuis 1960. Et Federer est l’un d’eux – un être que certains appellent génie, ou mutant, ou extraterrestre. Il ne semble jamais bousculé ou hors d’équilibre. La balle s’approche de lui avec un temps de retard."

Comme tous ceux qui ont joué au tennis, nous avons été confrontés à cette notion de temps. Elle nous semble fondamentale en sport comme dans la vie. Temps nécessaire pour aller d'une ligne à l'autre, pour renvoyer un service ou un coup puissant de l'adversaire - pour s'organiser face à lui. Temps qu’on subit ou qu'on s'approprie. Temps qui s'impose ou dont on dispose. Roger Federer a plus de temps que nous, beaucoup plus de temps, un temps infini. "Le temps dure longtemps, et la vie sûrement plus d'un million d'années" chantait Nino Ferrer. Pour Roger (ou Michael Jordan ou Carl Lewis...), qui ont un "œil" et une synchronisation parfaite, le temps dure aussi plus longtemps - tandis qu'il dure, à proportion, beaucoup moins pour ses adversaires, pris de vitesse (tel fut le cas de Nadal en finale à Melbourne et avant lui Berdych ou Nishikori).

Le temps est ainsi une matière fluctuante, qui n'a pas la même durée en fonction des circonstances ou pour chacun d'entre nous. Selon que nous serons pressés ou que nous nous ennuierons, les 60 minutes qui composent une heure filent ou s'allongent. Nos journées au travail ne sont pas les mêmes non plus. Les mêmes agendas ne produisent pas les mêmes effets. Certains d'entre nous ont besoin de temps - pour mener à bien un entretien, pour boucler un dossier, pour conduire un chantier. D'autres font tout deux fois plus vite, portés par d'autres priorités, des dons ou un sens de l'efficacité différent.

En réalité, le secret du temps a partie liée à la vie – et dès lors à l'espoir. Le temps est en profondeur ce qui laisse toujours quelque chose à attendre et à espérer. Par exemple un 19ème Grand Chelem pour Roger Federer ?!... Les paris sont ouverts !

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 16

 

 

Auriez vous recruté... la Fête ?

Ce soir Hudson fête son année 2016.

Oh ce n'est pas ce genre de fêtes qu'on a connues à Versailles il y a quelques siècles, sous les ors mille fois reflétés de la galerie des glaces, dans l'effervescence des mots d'esprit, le froufrou des robes à vertugadin et les cascades de notes de Lully.

Ni celles qui nous firent tant rêver, plus jeunes, quand nous lûmes pour la première fois The Great Gatsby, New York posé au loin tel un mirage, les échos assourdis des orchestres en frac jouant des standards de jazz et les lumières vacillantes dans les yeux des amants qui refusent au jour le droit de se lever.

Non, loin de cette munificence, nous avons choisi chez Hudson de réserver un endroit cosy qui nous ressemble : il s'accoude au comptoir que forme la Seine et présente, la nuit venue, des airs de compagnon qu'on ne quitte pas. Des fêtes s'y donnent de temps à autre qui ont le goût délicieux des revenez-y.

Le vin ce soir sera donc rouge et blanc ; très vite, il fera briller les yeux des filles et des garçons. Bien sûr, rassurez-vous : nous le boirons avec modération. Les tapas se renouvelleront comme par enchantement sur les tables pour rappeler, la chaleur en moins, les Espagne de nos étés adolescents. Nous serons entre nous, avec quelques étoiles dispersées au-dessus de La Défense qui ressemblera, à cette heure, à un gros chat assoupi. Quelques anciens dont l'absence nous pèse nous rejoindront peut-être ; des stagiaires qui ne se résolvent pas à partir auront eu vent de la fête : ils viendront à notre plus grande joie, emmenant avec eux le froid du dehors et la chaleur de leurs rires.

Côté musique, autant vous dire que nous serons au top. Lully, n'en déplaise à Louis XIV, ne s'invitera pas dans les play-lists : c'est, d'un point de vue purement artistique, sans doute regrettable. Mais entre Daft Punk, Phoenix et Bruce Springsteen, après avoir dansé sur Drake et Beyoncé, avouons que nous prendrons un immense plaisir à chanter, sans doute fort et de toute évidence faux, Pour un flirt avec toi de Michel Delpech ou Ces soirées là de Yannick. Nous comptons sincèrement sur vous pour ne pas l'ébruiter.

L'année 2016 qui s'éloigne, qui est presque oubliée, a été très réussie mais est-ce une raison pour la fêter ? Ou faut-il fêter 2017 qui démarre dans le froid mais sur les chapeaux de roue ? Non, car il n'y a aucun motif valable pour faire la fête : c'est pourquoi il faut la faire le plus souvent.

Parmi toutes les raisons qui font qu'un salarié reste dans son entreprise (sous entendu : parce qu'il y est heureux), arrive toujours en tête la qualité des relations humaines qu'il y rencontre au quotidien.

Bien entendu, nous pouvons imaginer le bonheur au travail sous l'angle exclusif du développement de nos compétences, de l'accroissement de nos aptitudes et de la progression consécutive de nos rémunérations. C'est ce dont nous discutons en général lors des entretiens de recrutement, en retraçant à coup de pourcentage les progressions observées et en exprimant notre désir de changement lorsque ces progressions, soudain à un chiffre, se tassent ou diminuent. C'est important mais ce n'est pas suffisant.

Car le plaisir vient le plus souvent de facteurs plus diffus, plus impalpables comme la nature des liens que nous tissons sur notre lieu de travail, avec les autres, nos collègues, nos managers, nos collaborateurs. Et ces autres pourtant, aussi décisif soit notre libre arbitre, nous ne les avons pas choisis. Certains étaient là avant nous ; d'autres seront là après nous. Quel meilleur moyen de les connaître que de chanter, à leurs côtés et à tue tête, "Allumer le feu" ou de danser sur "Twisting by the pool" ? Quelle meilleure façon de tisser des liens avec eux que d'évoquer des sujets qui ne ressortissent pas au quotidien professionnel : les enfants, les souvenirs, le prochain Martin Scorsese ou le come back fabuleux de Roger Federer ? Il y a dans la fête un renversement des termes qui nous plait, où chacun abandonne son rôle, se défait de ce qu'il est et va vers l'autre sans trace de calcul, en parfaite transparence, en totale bienveillance.

Ce soir, vers minuit, nous faisons donc le pari que nous nous connaîtrons encore mieux - et en nous connaissant mieux, nous sommes convaincus que nous vous connaîtrons mieux. Et qui sait si un jour nous n'organiserons pas des fêtes de recrutement, où nous chanterons et danserons avec nos candidats et nos clients  : ce sera plus disruptif, plus ludique et plus chaleureux que des entretiens non ?

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H'Tag Out of the Box #2

 

 

Le coach à toutes les sauces ?

Il suffit de peu ou d’un rien aujourd’hui pour nommer coach tout professionnel qui nous apporte savoir-faire, conseils, bien-être… : relooking, soutien scolaire, diététique, ...

Métier-valise ou métier à part entière ? Effet de mode ou mode de marketer certaines professions ? Qu’en est-il au-delà des principes du In et du Smart ?

Le coach n’est pas un formateur ! A savoir un sachant qui transfère ses connaissances à un non sachant, en restant maître de la matière, du rythme, de la méthode et en préparant des supports pédagogiques pour les participants. En coaching, c’est le client qui décide du sujet à traiter et, une fois les objectifs définis et le contrat signé, pas de préparation préalable. Avec des outils, techniques et postures spécifiques, le coach encourage et accompagne son client à trouver seul les solutions les plus adaptées à son environnement professionnel.

Le coach n’est pas un conseiller ! Expert d’un secteur ou domaine d’activité, le conseiller recommande des approches ou solutions qu’il contribue ou non à mettre en œuvre. Globalement, c’est aussi un sachant. Le client l’écoute et décide ensuite d’appliquer ou non les conseils donnés. Le coach, lui, est un accoucheur, qui aide le client à enfanter ses idées, à les transformer en actions et résultats. Le client fait son propre cheminement, expérimente pendant ou hors séance de coaching de nouveaux comportements ou approches, apprend par lui-même au lieu d’ingurgiter un savoir extérieur.

Le coach n’est pas un thérapeute ! Le psy explore notre vie personnelle et notre passé pour trouver la cause profonde d’un comportement perturbateur ou pathologique. Le coach intervient sur des problématiques d’entreprise et se concentre sur le présent avec projection dans le futur. Si le thérapeute classique assure une présence silencieuse, parfois énigmatique, le coach utilise son énergie pour créer les conditions qui permettent au client de construire ses propres stratégies (managériales, émotionnelles, relationnelles…) pour atteindre, voire dépasser les objectifs fixés au départ.

Le coach n’est pas un mentor ! Personne plus expérimentée, le mentor montre l’exemple, transmet son savoir-faire professionnel et sa connaissance du business à des collègues plus jeunes. En coaching, on part du principe que le client est créatif et qu’il a toutes les ressources nécessaires pour prendre son devenir professionnel en mains. Le coach nous aide à nous structurer différemment et à nous mettre en mouvement pour y parvenir Le plus souvent, le client sait où il veut aller, mais soit il n’ose pas écouter son intuition, ressenti ou désir, soit il n’est pas pleinement conscient de sa puissance, soit il ne s’est pas donné la permission d’entreprendre pour réussir et s’épanouir. Le coach est donc un révélateur de talents et de potentialités, qui met en place un processus pendant lequel le client apprend à apprendre à réussir !

Ceci étant, définir un métier par ce qu’il n’est pas ne le rend pas plus clair, me direz vous. D’accord, mais comment concentrer en une explication simple quelque chose qui touche à plusieurs domaines (psychologie, communication, management, théories de l’organisation…) sans appartenir à un en particulier ? Art du questionnement, écoute active, reformulation, feedback bienveillant, prise de conscience, considération positive inconditionnelle ? Oui, et tant d’autres choses encore !

En regardant ce qu’il a en commun avec des métiers plus classiques, vous serez peut-être convaincus ! Juste deux pistes clés : le coach a suivi une formation au coaching certifiante, dans une école reconnue par la profession[1] et ses interventions sont jalonnées par un code déontologique spécifique.

Le coach Hudson a ajouté à son arc une nouvelle corde : l’approche neurocognitive, basée sur les recherches en neurosciences et sciences du comportement, qui offrent un regard neuf sur notre fonctionnement (réactions, motivations, processus de décision, gestion des émotions…). Nos coaches sont en fait des passeurs qui, grâce à une démarche éclairante, ludique et rigoureuse, aident leurs clients à passer d’un mode de gestion automatique des situations à un mode de gestion adaptatif. Les coachés apprennent ainsi à tirer le meilleur parti des expériences vécues pour améliorer leurs savoir-faire et réactions face aux situations nouvelles, inattendues, changeantes, complexes.

 

Alexandra APOSTOLESCU, Responsable activité Assessment-Développement des compétences, Psychologue du travail & Coach

 


[1] IFC France : les 11 compétences essentielles du coach ; EMCC France ; Société Française de Coaching

 
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H de la semaine 15

 

 

Vous recruteriez-vous ? La question qui donne le titre à notre série (qui s’étalera sur quelques semaines et qui procèdera sans esprit de logique, par sauts et gambades comme l’écrivait Montaigne) a pu surprendre mais n’est-elle pas la meilleure à se poser au moment où nous cherchons à changer de job ?

Me recruterais-je ?

Lors du billet d’ouverture, nous avions réfléchi à notre identité : le sujet était vaste et notre contribution brève. Nous avions néanmoins vu que, sitôt fixée, notre identité nous échappait. Fluide, impermanente et liquide, elle se métamorphosait encore plus vite aujourd’hui qu’hier, difractée par nos diverses empreintes sur la Toile, reflets de nos désirs, de nos élans, de nos moi, du temps, de nos oublis, de nos jobs, un coup prolixe sur Facebook, un autre mesurée sur LinkedIn, partout une et plusieurs, relayée par nos proches, nos enfants ou nos parents, nos relations professionnelles : qui suis-je ? Disons plutôt : qui suis-nous ? Me recruterais-nous ?

Jean-Marc Roberts est mort en 2013 : il était jeune, il avait 59 ans. Editeur subtil et à succès, il est l’auteur d’une trentaine de livres que nous avons tous lus. Légers, comptant rarement plus de 120 pages, ils se lisent en une heure à peine, en un clin d’œil. Ils se ressemblent tous un peu, avec un côté dépêchons-nous d’en rire de peur d’en pleurer - le côté doux amer, insuffisant, follement charmeur qu’ont les lettres d’excuses que nous recevons d’amoureux que nous n’avons pas oubliés... Nous en sortions enchantés et nous les oubliions jusqu’au prochain – qui nous enchantait de nouveau. Son dernier récit, rédigé durant la maladie qu’il raille et qui l’emporte, s’appelle Deux vies valent mieux qu’une. Titre facile selon lui (mais il se l’était accordé au motif qu’il serait son dernier), il raconte au moment de mourir ses années de jeunesse en Calabre où on appelait les filles en bikinis « due pezzi » - deux morceaux… Deux vies, deux morceaux parce que JM Roberts compare sa vie de malade à la Pitié à celle d’adolescent en Calabre. Combien de nos vies valent mieux qu’une ?

Si le moi est devenu à ce point multiple et fragmenté, il en va de même pour autrui. « Je suis dans un jardin public, non loin de moi voici une pelouse, et le long de cette pelouse, voici des chaises. Un homme passe près des chaises. » C’est ainsi, dans l’Etre et le Néant, que Jean-Paul Sartre fait surgir Autrui. En 2017, nous pourrions écrire « Je sors du bureau d’un chasseur de tête, Hudson, à Neuilly. Dans le hall d’entrée, voici un fauteuil, une lampe, des photos encadrées en noir et blanc. Un homme, un autre candidat, passe près de ces photos. »

Chez Sartre, le décor est anonyme, un jardin public, l’individu est un inconnu, il ne nous regarde même pas. Pourtant, ce qui nous atteint d’emblée, sans coup férir, c’est le fait même d’autrui. Le simple fait de nous voir, c’est nous récupérer, c’est nous précipiter hors de notre monde ; nous étions liberté pure, conscience dégagée de tout ancrage, « transparence sans mémoire et sans conséquence » et nous voici soudain devenus quelqu’un. Notre être n’est plus nous, engagé qu'il est par un autre être, considéré selon ses yeux, annexé à son jugement et à ses codes. Surgit dès lors un double malaise : celui d’être réduit par le regard de l’autre à un simple objet et que cet objet est sa propriété puisqu’il nous échappe. « Autrui est pour moi à la fois ce qui m’a volé mon être et ce qui fait qu’il y a un être qui est mon être. »

Car que sommes-nous sans autrui ? Lorsque nous chasseurs ne retenons pas un candidat (ou qu’il n’est pas retenu par un de nos clients), nous lui expliquons en toute transparence qu’(en dépit de l’excellence avérée de sa candidature) un autre candidat lui a été préféré (au profil plus excellent encore). Il est alors facile de penser que « l’enfer c’est les autres » comme l’écrivait Sartre (encore lui) dans Huis Clos. On se trompe pourtant sur cette expression. Dans ce Huis Clos, il n’y a pas de miroir : chacun ne peut donc se voir que dans le regard des autres. Nul échappatoire ; nulle identité propre. Si les autres nous voient comme un pauvre type ou un pleutre, c’est que nous le sommes ; comme un saint ou un salaud, c'est le même tarif. Car pour Sartre, nous ne sommes rien en soi, de manière déconnectée de la relation aux autres : tout ce que nous sommes, nous le sommes dans le rapport exclusif aux autres. Les autres font de moi ce que je suis.

On se souvient de cette phrase de Samuel Beckett : « D’abord j’étais prisonnier des autres. Alors je les ai quittés. Puis j’étais prisonnier de moi. Alors je me suis quitté. »

Dois-je me quitter, quitter les autres ou... les chasseurs pour me recruter ?

A suivre…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 14

 

 

La question peut surprendre mais elle est celle que nous nous posons in fine chaque fois que nous répondons à une annonce ou postulons dans une entreprise : me recruterais-je ?

Car nous avons compris, hélas, que nous n’étions pas seuls et que tout recrutement est une partie, simple ou complexe, qui se joue à plusieurs : moi certes, mais aussi le cabinet de recrutement, le responsable hiérarchique du poste, d’autres responsables parfois (jusqu'à la Direction Générale), très souvent les DRH ou Responsables du recrutement ou des carrières – et enfin tous les candidats qui, eux aussi, s’estiment taillés pour le poste et qui n’ont qu’une envie : passer, triomphants, sourire aux lèvres, devant nous.

Si certaines données nous échappent et nous échapperont toujours, qui ressortissent des non-dits qui existent dans tout recrutement et de la volatilité des mondes dans lesquels nous évoluons (qu’est-ce qui dit que la vérité d’un poste et d’une organisation aujourd’hui sera toujours d’actualité demain ?), il n’empêche : tout processus de recrutement, s’il ménage encore l’intuition, le coup de cœur ou de poker, se veut un processus d’objectivation, de preuve, de réassurance – les postes sont pesés, les contextes explicités, les descriptions de fonction challengées, les profils et origines (expérience, aptitudes, parcours…) des candidats longuement évalués selon un double prisme biographique et comportemental. C’est la raison d’être des cabinets comme Hudson. Y sommes-nous tous toujours préparés ? 

Qui suis-je ? Tout commence (et finit ?) par là. La question, nous sommes forcément amenés à nous la poser lorsque nous répondons à une annonce. Qui suis-je : les premiers éléments de réponse sont donnés dans le CV à l’heure même où nous nous apprêtons à le rédiger. Qui suis-je et donc que mets-je dans mon CV ou ma page LinkedIn ? Nous voilà d’emblée confrontés à notre moi, à notre identité : ce que nous disons est aussi significatif que ce que nous ne disons pas, ce que nous montrons est aussi profond que ce que nous cachons…

Il y a au moins deux sortes d’identité : une est numérique. Elle est celle qui marque notre carte d’identité. Elle commence par le 1 ou le 2 selon que nous sommes un homme ou une femme, puis l'année et le mois de notre naissance, le département, la commune et le numéro d’inscription sur le registre des naissances. À ce numéro, on peut ajouter l'adresse de notre domicile, nos numéros de téléphone, notre taille ou la couleur de nos yeux. Cette forme d'identité est un marqueur administratif et juridique. Unique, ineffaçable et d'une certaine manière déshumanisante, elle nous suivra de la naissance à la mort. Pourtant, extérieure et chiffrée, elle ne dit rien de nous. Yves Michaud l'appelle "ipséité". Je suis ce "je", ce numéro : c'est moi mais ce n'est pas moi.  Ce moi/ pas moi déserte d'ailleurs de plus en plus les CV. Un numéro de téléphone et une adresse mail suffisent désormais : l'ipséité  ne fait pas vendre... 

L'autre identité est plus importante : elle tient à l'essence de ce que nous sommes, à notre épaisseur, à ce que nous pourrions appeler, à défaut d'autre chose, notre substance. Comment la définir ? L'exercice n'est pas simple, c'est l'histoire même de la philosophie. Nulle part en nous, un lieu, un endroit de notre cerveau ou de notre cœur, une carte secrète n'abrite ce que nous sommes : nos qualités, notre tempérament, nos désirs, nos goûts, nos traits de caractère, nos fantômes. Les scolastiques que cite Voltaire qualifiaient cette deuxième identité la quiddité - à proprement parler "ce qui fait qu'un être est ce qu'il est". 

Si l'identité "quidditive" n'a rien de réel, ni explicite, ni vraiment permanente, elle peut être objectivée par nos parcours professionnels, par nos vies familiales, par nos positions sociales : tous et toutes lui apportent une fluidité et une liquidité inédite, facilitée par la technologie et les réseaux sociaux, professionnels ou personnels. "J'ai rédigé plusieurs CV" nous confient parfois des candidats : plusieurs CV, combien de moi, combien d'identités en puissance ? Quels liens entre FB et LinkedIn ?

 

Lors d'un procès, un avocat opposé à Maître Kiejman lui avait lancé : "Je vous connais bien Maître" à quoi, dans un éclair, il lui avait rétorqué : "Eh bien, vous en savez plus que moi !"

Vous connaissez-vous vous même ? ( à suivre jeudi prochain avec Sartre et Hegel en invités surprise)

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 13

 

 

C’est démontré, à défaut d’être scientifiquement prouvé : durant les congés d’été ou de fin d’année, nous réfléchissons. Un peu comme si le restant de l’année nous n’en étions pas capables, sollicités ailleurs, pris par le cours des choses, par nos vies aussi bien personnelles que professionnelles, à courir à hue et à dia, sans s’accorder de temps « à soi ».

Lors des breaks, entre les bains de mer et les soirées qui se prolongent l’été ou entre la Dinde et le Sapin à Noël, on se surprend à se poser, à considérer en quelque sorte nos vies d’en haut. Au terme de cette opération sans bistouri ni anesthésie, nous nous séparons en deux, l’acteur d’un côté, l’observateur de l’autre et, ce faisant, nous devenons nos propres coachs, pointant ici ce qui va, inventoriant là ce qui ne va pas.

Cette voie, le plus souvent, nous ne la suivons pas seuls ; nous sollicitons nos proches, nous leur exposons non pas qui nous sommes (qui est assez fou – ou sûr de soi ? -  pour le faire ?) mais nos doutes sur ce que nous accomplissons au quotidien et notamment au travail.

Les breaks sont donc propices aux bilans et aux... résolutions… Celles-ci, que l’on qualifie presqu’automatiquement de bonnes (n’en existe-t-il donc pas de mauvaises ?), naissent aux rentrées comme les champignons après une averse en automne. Nous rencontrons ainsi ce que nous, consultants en recrutement, devrions appeler les candidats de rentrée, armés de bonnes résolutions, prêts à rompre avec ceux qu’ils étaient. La première, et la plus importante des résolutions, étant souvent de changer de travail.

Mais s’agit-il d’une résolution ? Changer de travail est une décision et non une résolution. Il y a dans la résolution une notion de durée et, qui y est associé, un sentiment d'effort, de renouvellement et de constance dans l'effort. Arrêter de vouloir tout contrôler (pour ceux qui éprouvent le besoin de tout contrôler) est une résolution : c'est vouloir le faire sur la durée, et s'efforcer de. C'est en quelque sorte vouloir vouloir : une décision n'y suffit pas. Chaque jour, il faut maintenir cette décision, la renouveler, la prolonger, lutter contre soi et son naturel qui revient au galop. C’est la même chose pour ceux qui arrêtent de fumer : le plus souvent, ils n’arrêtent pas d’arrêter – et dès lors de recommencer…

Rien de tel quand on veut changer de travail. Une seule - et bonne - décision y suffit. Encore faut-il savoir pourquoi nous voulons changer ! Ce genre de décision nous oblige à réfléchir à ce qui fonctionne dans notre présent et à ce qui ne fonctionne pas ; à ce que nous savons (bien) faire et à ce que nous voulons (et pouvons) faire. Changer de travail n'est jamais simple : hormis les circonstances critiques (entreprise en liquidation, poste ou département supprimé, mutation impossible…) qui nous contraignent, nous trouvons toujours des avantages dans notre poste et dans notre entreprise – des avantages, un certain confort mais aussi des inconvénients. C’est le vieux débat, qui remonte aux Présocratiques, qui opposait Parménide (qui vantait la permanence) à Héraclite (qui exaltait le changement). Rester ou partir ? Conserver ou changer ? Bien malgré nous, nous sommes entrés dans un monde de changement – ou d’impermanence - accéléré : les réponses nous sont davantage données que nous ne les donnons…

Dès lors, à l’aube de cette nouvelle Année, le conseil que nous, Hudson, voulons vous adresser est de vous… préparer. Changer ? Oui, mais pour changer en mieux ! Rester ? Oui, mais en connaissance de cause, en sachant pour qui, pourquoi, aujourd’hui et demain ! Et que 2017 soit, pour vous, une année de décisions, d’énergie et de tempérance.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 12

 

 

Ce matin, en arrivant au bureau, nous avons eu la surprise de voir, dans les salons d’attente d’Hudson, un groupe d’enfants, une petite quinzaine à vue de nez, à peine devaient-ils avoir dix ans en moyenne, un groupe d’enfants remontés comme en 14 si vous nous passez l’expression, si bruyants et agités qu’ils n’attendirent pas de rejoindre le bureau où nous les avions conviés pour nous poser la question qui les avait amenés, si tôt, à 8.00 du matin en pleines vacances scolaires, à venir nous voir :

Pourquoi avez-vous recruté le Père Noël ?

Fichtre ! La question, aussi directement formulée, par une gamine haute comme trois boules de pin et deux roudoudous venait sur un lit de colère sourde et d’incompréhension sincère. Que le Père Noël ait été recruté, nous ne l’ignorions pas, mais pas par nous : de cela, nous pouvions témoigner. Restait toutefois à en convaincre la petite troupe. Elle était parvenue à s'installer vaille que vaille (en dépit de l’exiguïté des lieux où nous avions trouvé refuge) et elle attendait, avec une impatience qu’à cet âge-là on se dispense de masquer, des explications concrètes et des réponses vérifiables. Notamment sur ce point-ci, de nouveau relayé par la cheffe de bande dont la voix montait dans les aigus aussi vite que le père Noël était censé descendre dans les cheminées la nuit de Noël :

Pourquoi nous y fait-on croire (sous-entendu au Père Noël) alors que, vous, les adultes (majuscules, souligné, en gras : ça s’entendait) savez parfaitement qu’il n’existe pas (re-majuscules, re-souligné, re-en gras, bref) ?

Ne parlons pas de panique. Ni d’incrédulité. Réfléchissons simplement à ceci qui délimitait l'immédiat : comment convaincre ces enfants 1/ que nous n'étions pour rien dans le recrutement du Père Noël, 2/ que le pauvre bougre ne méritait pas la fureur de leur attitude ni la véhémence de leurs propos. Car rien ne prouve au fond que les parents, nous tous en somme, pris à notre propre piège et sans doute nostalgiques de notre enfance, croyons moins au Père Noël que les enfants que nous essayons de convaincre le plus longtemps possible de son existence.

Il s’agissait donc de se lancer, ce que nous fîmes avec l’idée d’en finir au plus vite et si possible au mieux…

- Le père Noël n'a eu besoin de personne pour être recruté mes enfants. Il s'est recruté lui-même...

- (Etonnement, murmures, désappointement)

- Mieux : le Père Noël s'est, d'une certaine manière, "construit" lui même à travers le temps et à partir d'un stock de personnages historiques ou folkloriques, réels ou mythologiques, latins, nordiques ou slaves, qui vont des Saturnales romaines à Saint Nicolas, de l'Abbé de Liesse ou à Julebok.

- (Ah ? Oh ? Hein ?)

- Il est donc vieux et neuf, d'ici et d'ailleurs, toc et vrai, accessoire et essentiel. Existe-t-il vraiment ? Vous en doutez…

- Oui !… (Cœur unanime des enfants, la cheffe hissée sur un tabouret se chargeant de l’orchestration…)

- Eh bien vous avez tort : il faut y croire. Sans doute en avez vous vu davantage devant les grands magasins, plus ou moins barbus, plus ou moins rougeauds, plus ou moins joufflus, que dans votre propre cheminée : cette multiplicité, j'en conviens, fait douter de son unité. Au demeurant, lui si gros, après avoir garé ses rennes, peut-il descendre dans nos cheminées si étroites…

- C’est ça ! Hein, comment fait-il ?...

- Et ne jamais se tromper de cadeau à l'arrivée en confondant vos souliers avec ceux de votre petit frère ou de votre petite sœur en sortant de sa hotte le camion de pompier au lieu de la poupée qu'on peut coiffer ?

- Voilà, ça n’est JAMAIS arrivé (la cheffe est presque aussi rouge que le manteau du Père Noël)

- Eh bien, c’est que le Père Noël est plus fort que nous tous !

- (Surprise ! Silence)…

- Car le Père Noël existe…

- Ben non : c’est PAS le Père Noël, c’est papa et maman, on LES a vus !...

- Car le Père Noël existe (ne pas se laisser interrompre). Et si vos parents le suppléent parfois, c’est pour entretenir la magie des cadeaux qui vous sont offerts. N’est-ce pas plus merveilleux de les recevoir en pensant qu’ils viennent de l’au-delà plutôt que de ses parents ? Et pour les parents de penser qu’ils viennent du Père Noël plutôt que de leur banque ?...

- (Murmures…Conciliabules…puis la cheffe reprend la parole…) Ok, c’est peut-être pas un mauvais recrutement pour le poste que vous aviez ouvert alors… Mais pourquoi avoir recruté la petite souris alors ?...

 

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H'Tag Out of the Box #1

 

 

A ce jour, il est estimé que 60% des métiers de 2030 n’existent pas encore[1]. Si les évolutions économiques et écologiques, les transformations sectorielles contribuent à cette probable mutation, c’est une profonde révolution technologique qui semble en constituer le facteur fondamental. Reflet de cette (r)évolution, le métier de consultant en recrutement/talent management épousera cette transformation.

Imaginons :

2019 : l’Homme Réparé

- « …mon expérience la plus marquante ? indubitablement lorsque j’ai effectué une opération qui m’a donné la vue, à 33 ans. Une véritable renaissance. J’ai découvert les couleurs, j’ai découvert un visage sur les voix. Aujourd’hui, je souhaite me tourner vers les métiers d’art… »

- « … Ah oui, c’est vrai, l’an passé, j’ai eu un accident de ski où j’ai perdu l’usage de mes jambes. Trois jours après, j’étais au travail grâce à une opération pour implanter de nouvelles cellules par nanotechnologie et renforcer mes os en titane et mes muscles en composite. J’ai donc posé 3 jours de RTT, ce qui n’a pas affecté le projet sur lequel je travaillais et cet hiver je retourne skier… »

L’homme réparé nous parlera de ces expériences de handicap, de transformation médicales comme aujourd’hui nous parlons d’expériences professionnelles réussies ou plus contrastées. L’homme réparé pourra revendiquer une capacité de résilience, tel les profils que nous accompagnons en coaching ou sur des ré-orientations  professionnelles. C’est l’horizon de la fatalité qui s’éloigne, ce sont des possibilités qui s’ouvrent pour la première fois.

2027 : l’Homme Augmenté

- « … Et c’est ainsi que nous avons sorti le projet en un mois au lieu des deux ans autrefois nécessaires. J’ai pu travailler 23h/24 et compenser le sommeil en retard en compressant mes heures de repos… »

- « … Si j’ai des loisirs ? oui, j’ai terminé mon dernier marathon en 1h29 et j’ai pu lire tout Proust dans le métro du retour… »

L’homme augmenté va repousser les limites physiques et intellectuelles de l’être humain. La version optimiste tendrait à croire en une surperformance continue et la fin des burn out. L’âge d’or du management où les vœux s’exaucent, les délais se réduisent et la part d’erreur devient epsilonesque ? Dans cette phase de transition, assistera-t-on à une hiérarchisation des professionnels « augmentés » versus les « normaux » ?

2038 : l’Homme Robot

- « … après une première période de 43 ans au sein de l’entreprise Metta Gamma, je souhaite exercer mes fonctions de programmation C++, au service du développement nano-technologique de la robotique industrialo-chirurgicale. Je me projette sur une mission courte de 12 ans pour garder la possibilité d’updater mon IA et défragmenter mes datas… »

- « …mes loisirs consistent à composer des opéras algorithmiques parfaits et écrire tous les livres possibles… »

Frontière fine entre l’homme augmenté avec l’introduction d’une intelligence artificielle autonome et le pur robot humanoïde. Que restera-t-il alors de l’humanité profonde des parcours professionnels ? Des erreurs et réussites personnelles ? Des subtilités managériales ? De la variété des caractères et individus ?  Des féconds ennuis, des changements de caps professionnels, de la capacité d’émerveillement, du sentiment d’appartenance à un projet, à une entreprise ?

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » écrit François de Rabelais. A l’heure où Google Venture consacre un milliard de dollar annuel en recherche fondamentale et appliquée sur l’immortalité humaine (et investit depuis 2009 dans 300 sociétés centrées sur le "improve lives", en sciences de la vie, santé, Intelligence Artificielle, robotique, agriculture...) ce conseil bienveillant à Gargantua résonne comme un impératif.

Reste une boussole qui est – pour nous professionnels des ressources humaines - notre profond attachement à la diversité humaine, à notre croyance en un perfectionnement éclairé.

 

Nicolas Chouin, Consultant Senior Hudson France

 

 

 
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